Il est ressuscité !
N° 275 – Mars 2026
Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard
LA LIGUE

Instrumentalisation
EN régime laïc, libéral et démocrate-chrétien, ce mot sert à disqualifier des causes en se dispensant de les examiner au fond. Pourtant, il est une instrumentalisation dont nous n’avons pas fini d’admirer la convenance ni d’apprécier le privilège, c’est celle de la CRC par l’Immaculée ! En effet, nous constatons aujourd’hui que les meilleurs catholiques, ceux qui aiment le mieux la Sainte Vierge sont impuissants à défendre efficacement ses privilèges contre les blasphémateurs ecclésiastiques, cardinal Fernandez en tête, parce qu’ils n’en discernent pas les motivations dans les doctrines et la pastorale conciliaires. En revanche, pour promouvoir intégralement son message de Fatima et la cause de la réparation des offenses contre son Cœur Immaculé, Notre-Dame a choisi l’abbé de Nantes, le seul théologien qui dénonçait en cour de Rome les nouveautés hérétiques du concile Vatican II comme la cause proportionnée de la ruine de l’Église.
JOURNÉE FLAMANDE
C’est cette rencontre remarquable de la CRC et de Fatima dont frère Bruno entretint nos amis belges lors de la journée flamande organisée le 15 février 2026 – dies natalis de notre Père – dans le sanctuaire de Notre-Dame de Montaigu, Onze-Lieve-Vrouwke van Scherpenheuvel. Ce bastion marial de la Contre-Réforme catholique au dix-septième siècle était tout indiqué pour expliquer notre combat contre la réforme conciliaire. Tandis que la forfaiture opposée par Rome à ses accusations semblait enfermer l’abbé de Nantes dans une impasse, la découverte providentielle du message de Notre-Dame de Fatima puis des enseignements de saint Maximilien-Marie Kolbe l’entraîna, et nous tous à sa suite, sur le chemin d’une consécration totale à l’Immaculée. C’est l’aboutissement de la Contre-Réforme. Depuis lors, bien qu’engagés dans un combat qui nous dépasse infiniment, nous sommes devenus les instruments de l’Immaculée victorieuse de toutes les hérésies, assurés de son triomphe prochain !
Les méditations du Père Kolbe, lues pendant le chapelet dans la basilique, puis la projection de l’oratorio de frère Henry achevèrent de convaincre nos amis de se consacrer à leur tour à l’Immaculée, pour l’Église.
LES ENFANTS DE L’IMMACULÉE
Profitant des vacances de février, nos frères ont commencé la tournée des retraites d’enfants, poursuivant la tradition initiée par notre frère Gérard. Frère Michel et frère Albino sont donc descendus dans le Sud-ouest les 7 et 8 février, tandis que frère François-Joseph et frère Martin ont cinglé plein est quinze jours plus tard. Ici et là, ils rencontrèrent un clergé heureux d’exercer son ministère, et en particulier de confesser des enfants bien préparés. Car le premier objectif d’une petite retraite, c’est bien la confession, pour que les enfants s’ouvrent pleinement à la grâce et tirent ensuite le meilleur parti des enseignements des frères. Cette année, ils galvanisèrent leurs jeunes enthousiasmes en leur racontant la vie du Père Kolbe : l’enfant, l’apôtre, le chevalier, le précurseur de l’Immaculée et enfin son martyr.
En même temps, nos ermitages accueillaient les “ stages ”. On ne sait qui des parents ou des enfants en sont les plus satisfaits : les premiers sont soulagés de voir une communauté religieuse prendre le relais de leur œuvre éducative ; les seconds y retrouvent leurs amis, les frères, les sœurs dont la piété, l’amour de la vérité, le zèle au travail transfuse peu à peu en eux.
RETRAITE DU PREMIER SAMEDI DU MOIS
Ce mois-ci, les 7 et 8 mars, frère Bruno laissa frère Michel en prêcher les exercices et nous introduire dans le mystère de la Passion de Jésus et Marie que l’Église s’apprête à célébrer de nouveau. De la même manière que la Vierge Marie ne s’est pas contentée de s’unir intérieurement aux souffrances de son Fils, mais qu’elle a voulu « s’attacher avec lui à la croix » (Ga 2, 19), à notre tour, nous voulons souffrir avec notre Sauveur et notre Corédemptrice pour les aimer plus intimement en épousant la condition douloureuse qu’ils ont embrassée pour notre salut.
La prédication de notre Père sur saint Maximilien-Marie Kolbe et, spécialement, le récit de sa passion à Auschwitz et de son martyre dans le bunker de la faim, pour l’Immaculée, nous répétèrent que l’amour est plus pur, plus fort et plus fécond dans la souffrance que dans la jouissance.
Encouragés par la sérénité héroïque du Père Kolbe, nous étions prêts à écouter la conférence d’Actualités si sombre de frère Michel, le dimanche après-midi.
ACTUALITÉS
France, monde, Église : les trois chapitres habituels des Actualités se déclinent en une série de mauvaises nouvelles. Néanmoins, sur quelque sujet que ce soit, les analyses de notre Père d’un empirisme organisateur surnaturel permettent de tirer des leçons universelles.
L’euthanasie, par exemple : la clique maçonnique qui siège au gouvernement et au Palais-Bourbon s’acharne pour nous l’imposer avant la fin de la législature. Ils profitent de la mollesse de la droite et de l’épiscopat, à qui les dogmes républicains de laïcité et de démocratie interdisent de rappeler la loi divine.
En 1973, à propos de l’avortement, notre Père expliquait déjà : « On ne défend pas l’absolu par appel à l’opinion. Et si vous êtes encore démocrates, il faudrait que vous compreniez qu’une loi sacrée, une vie innocente ne peuvent être mises aux voix et dépendre ainsi de la libre opinion de la foule. Les y soumettre est déjà perpétrer le crime ; c’est livrer la vie des innocents au caprice des masses. C’est un péché contre le prochain et contre Dieu ! Et de plus, à ce jeu on est toujours battu. La voie démocratique est efficace pour le mal, inefficace pour le bien, mécaniquement. »
La corruption de nos élites a été jetée en pleine lumière par l’affaire Epstein. Là aussi, les leçons sont salutaires, car Epstein ne fut que le produit d’un système de gouvernance mondialiste, démocratique, ploutocratique... et maçonnique, intrinsèquement vicieux et corrupteur.
La nouvelle campagne de bombardements contre l’Iran qui est, de la part des États-Unis, tellement aventureuse, semble être profondément liée à l’influence d’Israël et de ses lobbys sur la politique américaine : au point de contraindre Donald Trump à rompre des négociations profitables pour entreprendre une guerre, contre les recommandations du Pentagone et les attentes de ses électeurs.
Dans l’Église, même les bonnes nouvelles sont en trompe-l’œil. Ainsi des vingt mille catéchumènes adultes ou adolescents qui nous réjouissent, mais sans compenser la chute du nombre des baptêmes d’enfants depuis l’an 2000, de 380 000 à 170 000 en 2023...
Quant au schisme intégriste que de nouvelles consécrations épiscopales s’apprêtent à renouveler, il a donné lieu à des échanges entre le cardinal Fernandez et l’abbé Pagliarani qui vérifient les avertissements de notre Père à propos de la dissidence de Mgr Lefebvre. De plus, l’impasse dans laquelle est égaré le traditionalisme prouve la nécessité du recours au magistère infaillible du Souverain Pontife pour résoudre la crise de la foi ouverte par le concile Vatican II, ainsi que l’abbé de Nantes l’a préconisé et en a donné lui-même l’exemple.
En effet, constatant l’impossibilité d’un accord doctrinal sur les orientations conciliaires, le supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X laisse paraître son esprit schismatique en ne faisant pas appel au jugement infaillible du Pape. Prenant ensuite son parti de cette division inexpiable, il se contente de solliciter la permission de continuer à administrer librement les sacrements.
Plusieurs figures ecclésiales inquiètes de cet avenir ont commenté l’attitude des lefebvristes. Mgr Strickland la justifie, sans distinguer l’obéissance dans l’ordre de la foi de celle dans l’ordre de la discipline. Le cardinal Sarah, s’il met en garde avec lucidité contre le crime de schisme, n’indique pas d’autre solution que la passivité silencieuse, jusqu’à l’anéantissement avec le Christ crucifié, dans l’attente de sa Victoire. Quant à Mgr Schneider, il voit bien que la crise de l’Église plonge ses racines dans le Concile, dont il rappelle opportunément qu’il n’est pas infaillible, allant jusqu’à déplorer ses “ ambiguïtés ”. Il souligne la perfidie du cardinal Fernandez voulant faire des Actes conciliaires, pourtant non définitifs, la base nécessaire d’un accord doctrinal. Mais, pas plus que quiconque, il ne fait appel à l’autorité suprême du Pape. Et, sur le plan disciplinaire, il encourage les intégristes !
En revanche, l’abbé de Nantes a été l’instrument de la Providence pour expliquer – et lui seul ! – qu’on ne peut dénoncer la Réforme sans en désigner les responsables ni remédier aux effets sans remonter aux causes les plus hautes : le Concile, le Pape régnant, et cela quoi qu’il en coûte. Ses adjurations à Mgr Lefebvre résonnent toujours avec la même force : frapper l’Antichrist à la tête, pour libérer l’Église de Jésus-Christ, par le Cœur Immaculé de Marie.
frère Guy de la Miséricorde.