LA LIGUE

Elle seule pourra vous secourir
C’EST une bien sombre année qui commence, tandis que la plus haute hiérarchie de l’Église, rebelle à Dieu, prétend dépouiller sa Reine de la couronne de ses privilèges, en niant d’abord sa Corédemption. Par bonheur, en guise de cadeau de Noël, frère Bruno a rouvert pour nous le livre des révélations de sœur Marie de Saint-Pierre, carmélite de Tours (1816 -1848), au chapitre de la révélation du lait virginal de la Vierge Marie.
UN NOUVEAU REGARD SUR LA CORÉDEMPTION
En appliquant sa petite confidente à ce mystère ravissant, Notre-Seigneur lui fit comprendre que la corédemption de sa sainte Mère dépasse de beaucoup sa compassion au Calvaire. Déjà, lorsque l’Enfant-Jésus tétait avidement le sein maternel, c’était pour convertir ce lait en Précieux Sang, qu’il verserait sur la Croix. La Vierge allaitante est déjà corédemptrice !
À la suite de son Sacrifice rédempteur, par la communion eucharistique à son Corps et à son Sang, Jésus enrichit Marie de tous les trésors de la Rédemption, remplissant ses mamelles d’un lait sacré pour qu’elle nourrisse, purifie, sanctifie par ce sacrement nouveau les enfants qu’il lui a donnés au Calvaire. « Ô Mystère d’amour ! » s’écrie la petite carmélite.
Ce n’est pas tout. L’admirable cycle de ce lait virginal et eucharistique, qui associe sans les confondre les mystères de l’Incarnation et de la Rédemption, porte remède à une hérésie moderne formulée dans les Actes du concile Vatican II et de Jean-Paul II : « Par son Incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme. » (Gaudium et spes, n° 22, 2) “ Incarnation rédemptrice ” ? Mais si la venue du Verbe dans la chair suffisait à nous sauver, la Croix deviendrait superflue. En revanche, le lait de Marie, qui n’est devenu sacrement du salut qu’après le Saint-Sacrifice de la Croix et après l’Eucharistie, nous rappelle que l’Incarnation ne nous aurait été d’aucun profit sans la merveille de la Rédemption.
RETRAITE MENSUELLE
Notre première réunion de l’année a permis à frère Bruno de poursuivre son œuvre de “ réparation positive ” en poursuivant l’exposé de la théologie trinitaire et mariale de notre Père, qui met si bien en lumière les privilèges de Marie bafoués à Rome même. Certes, la commission théologique de l’Association mariale internationale a mis en évidence le caractère protestant de la note Mater populi fidelis. Toutefois, prisonnière de “ l’herméneutique de la continuité ”, elle demeure aveugle sur l’origine de l’apostasie romaine. En revanche, pour défendre victorieusement le dogme de la foi et réveiller l’enthousiasme des fidèles, notre Père a reçu des lumières nouvelles sur les mystères de notre sainte religion, envisagés à partir, à travers et en vue du chef-d’œuvre de la Sainte Trinité, l’Immaculée Conception. Car notre Dieu est avant tout le “ Dieu de Marie ”. Ce mois-ci, toujours en contrepoint du cours de théologie totale donné par l’abbé de Nantes en 1987, notre frère nous exposa le sublime mystère du Don du Saint-Esprit à l’Immaculée d’abord !
Un tel approfondissement doctrinal, qui implique une conversion mariale intégrale, devient signe de contradiction dans une Église tout ordonnée au culte de l’homme. Heureusement, saint Maximilien-Marie Kolbe nous a ouvert la voie, lui qui fut tellement persécuté pour son idéal de consécration totale à l’Immaculée Conception. Mois après mois, en écoutant notre Père leur raconter et leur expliquer la vie du saint de Niepokalanów, nos amis sont entraînés à leur tour à se vouer complètement à Elle. Ils peuvent alors apprécier ses exhortations à la confiance dans les épreuves, qui s’avèrent chaque jour un peu plus de circonstance. Mais que peut-il nous arriver de mal, dès lors que « nous sommes entièrement à Elle, et Elle à nous » ! (16 octobre 1917)
ACTUALITÉS
Cette espérance inconfusible était nécessaire pour écouter sereinement la conférence d’Actualités du dimanche 4 janvier. Frère Michel commença par expliquer les tenants et aboutissants des manifestations d’agriculteurs auxquelles nous assistons.
LA MORT DE LA PAYSANNERIE FRANÇAISE.
Les deux motifs immédiats de la colère et du désespoir de nos agriculteurs sont connus : la politique d’abattage des troupeaux décidée par le gouvernement dans le cadre de la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse et les négociations du traité de libre-échange avec le Mercosur qui exposera notre agriculture à l’énorme concurrence brésilienne et à ses viandes non soumises aux normes de “ l’UERSS ”.
Cependant, il importe de comprendre que ces deux sujets ne sont que des étapes dans une volonté plus globale de la République d’anéantir la paysannerie française, et par elle la France. Parce que la société rurale issue de l’Ancien Régime était une société d’ordre et de vertu qui faisait la prospérité du pays.
En suivant l’excellent ouvrage de Jean-Clair Davesnes, L’Agriculture assassinée (1990), frère Michel retraça les étapes de cette lutte opiniâtre depuis 1789, au milieu de laquelle brille cependant la figure du Maréchal Pétain :
« Le Maréchal fut le seul chef d’État français du vingtième siècle à considérer que l’agriculture était indispensable à la France, tant pour l’alimentation que pour la structure sociale. Il initia un renouveau de la paysannerie française fondé sur la Charte de la Corporation paysanne (1940), qui brisait avec les principes de 1789. Les effets positifs s’en ressentirent pendant vingt ans : ils permirent la formation d’une élite paysanne qui survécut à la “ Libération ” et fonda la FNSEA, empêchant la mainmise des communistes et leurs kolkhozes dans les années 1950. Jusqu’en 1964, les cadres de la FNSEA étaient pratiquement tous d’anciens membres de la Corporation paysanne et défendaient un mode de vie traditionnel, c’est-à-dire une population majoritairement rurale et indépendante, attachée à sa terre, selon les vues du Maréchal. On aurait très bien pu continuer sur cette lancée en ajoutant progressivement et prudemment les bienfaits des progrès techniques et intégrant notre Empire. La France aurait été indépendante et puissante. »
Hélas ! Aussitôt après la révolution de 1944, la IVe République financière et socialiste s’acharna à réformer les structures et les mentalités d’une paysannerie conservatrice et réactionnaire pour obtenir une agriculture technique, moderne et productive, dont la vie paysanne traditionnelle ne serait plus l’armature. Le pire est que la République put compter sur la collaboration active de la JAC démocrate-chrétienne...
De Gaulle et son ministre Pisani poursuivirent dans la même voie, dénigrant les agriculteurs, saccageant les terres, dégradant les ressources naturelles et les espèces animales, arguant toujours du progrès inéluctable pour atteindre la sacrosainte productivité au mépris de la terre et des pères.
Surtout, de Gaulle a fait entrer l’agriculture dans la chienlit européiste qui a fait progressivement du paysan français un travailleur accablé de taxes, rendu dépendant de la PAC et le plus possible détaché de sa terre à cause des normes de production. Les technocrates de Bruxelles travaillant pour que l’agriculture de demain ne soit plus l’œuvre de familles paysannes, mais une agriculture industrielle, capitaliste et mondialisée.
Aujourd’hui, Macron continue de Gaulle. L’accord avec le Mercosur poursuit cette stratégie capitaliste. En outre, la fin des exploitations agricoles européennes permet de libérer du foncier, dont les grands investisseurs sont friands, afin de stabiliser leurs fortunes et rentabiliser rapidement ces terres.
Pour mener à son terme l’extermination de nos paysans, l’État se découvre d’importants moyens policiers, réadaptant les méthodes gaullistes de la violence policière et du mensonge. Les forces de l’ordre vivent cela dans un profond malaise, car elles ont le sentiment d’affronter “ les leurs ”. Tel est bien le but de la République qui hait la France et fait s’affronter ses enfants pour mieux les perdre et les diluer dans l’Europe mondialiste.
ACTUALITÉS GÉOPOLITIQUES.
Sur le front ukrainien, la Russie continue à progresser contre l’Otan, alors même que la moitié seulement de son armée s’y trouve mobilisée et que son économie reste celle d’un pays en guerre et non pas une économie de guerre. Cependant, son alliance de plus en plus étroite avec des pays communistes ne laisse pas d’inquiéter. C’est le résultat d’une politique occidentale criminelle.
Sergueï Lavrov a justement remarqué que les Européens sont « le principal obstacle à la paix ». La question du vol des avoirs russes a donné une nouvelle preuve du fanatisme européen. L’exposé par Le Figaro du 12 décembre des déclinaisons de la menace russe tourne à la comédie, dans laquelle Mark Rutte dispute à Emmanuel Macron le rôle de Matamore. Mais la farce devient sinistre lorsque le secrétaire général de l’Otan nous annonce « une guerre comparable à celle qu’ont connue nos grands-parents » (11 décembre 2025).
« Si nous faisions la guerre à la Russie, conclut frère Michel, il est clair que la cause serait mauvaise, que les arguments seraient faux et que nos gouvernants seraient responsables des morts que nous aurions. »
Au Proche-Orient, la situation a paru incertaine pendant tous ces derniers mois, car le soutien américain à Israël ne semblait pas inconditionnel. Certes, l’État hébreu avait remporté des succès considérables contre l’arc chiite, mais il n’était pas parvenu à abattre le régime iranien. La guerre des Douze jours avait même révélé une certaine faiblesse d’Israël que son bouclier antimissile n’avait pas préservé des missiles balistiques ennemis. Nous verrons si les manifestations en Iran font basculer les choses à l’avantage des Usa et d’Israël.
Cependant, ce qui est bien avéré, c’est le désastre que constitue pour les chrétiens le renversement de Bachar el-Assad et son remplacement par un islamiste. Depuis 2011, leur population en Syrie a diminué de près de 80 %. Ceux qui restent vivent cachés, la peur au ventre. Un rapport de l’Œuvre d’Orient explique que « le régime de Bachar ne percevait pas les chrétiens comme une menace, il les a souvent moins contrôlés ». Il fallait donc qu’il demeure au pouvoir. Au contraire, s’indigne notre frère, « c’est un crime des Américains et des Européens d’avoir toujours combattu Bachar el-Assad, et c’est une faute majeure du Vatican d’être resté neutre durant tout le temps de la guerre, sous prétexte de pacifisme et en fait par libéralisme. C’est la première cause de la disparition des chrétiens de ce pays. On ne veut pas protéger les chrétiens par la politique et par les armes. Résultat, ils sont rayés de la carte. »
LA LIBERTÉ DE VIRER À DROITE.
L’horreur de la guerre en Ukraine et à Gaza accélère un réveil réactionnaire et nationaliste aux États-Unis et, conjointement, dans d’autres pays du monde.
Donald Trump voit se fissurer sa base électorale : si tous ses donateurs, les grands financiers et les hommes politiques sont liés aux juifs, le mouvement MAGA (Make America Great Again), qui favorisa son élection, se retourne actuellement contre lui et contre le parti républicain. Ce mouvement est hétéroclite, mais le retour aux principes fondateurs américains, à la morale et à une indépendance vis-à-vis des sionistes y est réclamé de plus en plus résolument.
« Cette réaction me paraît bonne pour l’Amérique et pour nous, estime frère Michel, car si elle gagne en influence, elle atténuera beaucoup la politique mondialiste américaine. Mais elle est insuffisante et même en partie dangereuse, car ce n’est pas un retour à la vraie religion ni un renoncement aux principes démocratiques. Elle sera donc sans cesse menacée de divisions et sans force pour éliminer la ploutocratie mondiale. »
En France, certains sondages ou quelques événements pourraient laisser croire à un réveil de la droite. Ainsi du grand débat “ Face à vous ” qui rassembla le 25 novembre à la salle du Dôme de Paris un éventail de personnalités de droite patriotique pour traiter des grands enjeux nationaux. Et pourtant, parmi toutes ces figures, aucune ne représente nos idées politiques.
Il y a pire : en écoutant ces chefs de file qui drainent les suffrages des catholiques, on s’aperçoit qu’aucun ne dénonce la guerre religieuse que livre la République à l’Église. C’est toujours au nom de la liberté et non pas au nom de la vérité et de la foi catholique que les meilleurs Français entendent défendre ce qu’ils ont de plus cher. Il ne se trouve pas un évêque, pas un prêtre, personne pour défendre l’idée contre-révolutionnaire et de Contre-Réforme selon laquelle la seule France qui doit renaître est celle de Jeanne d’Arc, du Sacré-Cœur et de l’Immaculée Conception. La droite française est une droite libérale et le Bon Dieu nous laissera couler tant que nous n’aurons pas compris notre erreur.
De la même manière, les réactions de droite qui s’observent en divers pays – avec une mention spéciale pour le Chili de José-Antonio Kast – sont toutes handicapées par l’idéologie démocratique que nul ne songe à remettre en cause.
En Espagne, malgré l’acharnement du Premier ministre Pedro Sánchez pour souiller l’image de Franco, son aura progresse parmi les jeunes : cinquante ans après sa mort, 20 % des 18-24 ans considèrent que sa dictature fut « bonne ou très bonne » pour le pays.
De plus, Isabel Ayuso, la très populaire présidente de la région de Madrid, rassemble l’opposition de droite au cri de « le communisme ou la liberté », tandis que le parti Vox, qui prône ouvertement les thèses nationalistes et catholiques, prend de plus en plus de place dans la vie politique espagnole.
Il n’en faut pas plus pour alarmer... la conférence épiscopale ! qui prend à cœur de défendre la liberté religieuse « garantie par la Constitution espagnole (...) et par la Déclaration des droits de l’homme. »
Mgr Planellas, archevêque de Tarragone insiste en invoquant le concile Vatican II et termine par cette condamnation diffamatoire : « Ils peuvent essayer de se présenter à dessein comme procatholiques, mais ils ne le sont pas. Un xénophobe ne peut pas être un vrai chrétien, et il faut le dire très fermement. »
Hélas ! Il est bien en accord avec Léon XIV : « Malheureusement, il est de plus en plus courant dans le panorama contemporain de faire entrer des mots de la foi dans le combat politique, de bénir le nationalisme et de justifier religieusement la violence et la lutte armée. Les croyants doivent réfuter activement, avant tout par leur vie, ces formes de blasphème qui obscurcissent le Saint Nom de Dieu. C’est pourquoi, avec l’action, il est plus que jamais nécessaire de cultiver la prière, la spiritualité, le dialogue œcuménique et interreligieux comme voies de paix. » (Message pour la journée mondiale de la paix, 1er janvier 2026)
Conclusion : pas de contre-révolution sans Contre-Réforme, qui triomphera par le perpétuel secours de Notre-Dame !
VENEZ À NOTRE SECOURS !
Frère François avait précisément invité les amis parisiens à faire pèlerinage, le dimanche 11 janvier, à la basilique Notre-Dame du Perpétuel Secours, dans le 11e arrondissement.
Cette église néogothique fut bâtie à la fin du dix-neuvième siècle par les rédemptoristes, dans l’immense élan de ferveur que leurs missions suscitaient alors dans toute la France pour l’image de Notre-Dame du Perpétuel Secours.
Nous nous rappelons spécialement la dévotion que lui portait notre vénéré Père, saint Charles de Jésus. Elle appartient donc à notre patrimoine le plus cher ! D’ailleurs, ce lien est si bien établi que lorsque nos frères répondirent à un vicaire qu’ils appartenaient à la famille du Père de Foucauld, il repartit : « Ah ! vous êtes la CRC ! »
L’histoire de cette icône porte remède à notre angoisse pour la sainte Église, car vraiment, la Providence s’est jouée des obstacles pour glorifier cette image de Marie au cœur de la Chrétienté. Venue de Crête au quinzième siècle, l’icône a échappé à l’islam, au schisme orthodoxe et aux armées napoléoniennes. Tombée par deux fois dans l’oubli, elle en fut tirée chaque fois par des circonstances providentielles, miraculeuses ! pour être honorée publiquement.
En 1865, le saint pape Pie IX la confia aux rédemptoristes en leur recommandant : « Prenez bien soin que Notre-Dame du Perpétuel Secours soit connue et vénérée, car cette Madone doit sauver le monde. »
Les rédemptoristes s’acquittèrent avec zèle de leur mission et propagèrent cette dévotion dans toute la Chrétienté, suscitant même un important mouvement de conversion parmi les orthodoxes qui ont en grande vénération les icônes ! Au vu de tant de grâces répandues par le moyen de cette image, comment douter de la Médiation universelle de Marie ?
Encouragés par ce récit, nos pèlerins déposèrent leurs intentions de prière devant l’icône qui est exposée dans le transept de la basilique, côté Évangile, avant de la vénérer au cours d’une touchante procession aux flambeaux.
Frère François leur décrivit ce tableau qui illustre de façon émouvante le mystère de la Corédemption : l’Enfant-Jésus, effrayé par la vue des instruments de la Passion que lui présentent deux anges, saisit la main de sa Mère pour implorer sa protection. Déjà, ils sont unis dans une douleur partagée, un commun sacrifice, pour notre salut.
En ce centenaire méconnu de Pontevedra, l’image douloureuse de Notre-Dame du Perpétuel Secours semble nous répéter l’appel à consoler son Cœur Immaculé par la dévotion réparatrice.
Mais ce n’est pas suffisant : frère Bruno a décidé que nous organiserions une réunion publique le 26 mars pour rappeler les efforts déployés par sœur Lucie, toute sa vie durant et à travers mille contradictions, pour propager la dévotion des cinq premiers samedis du mois. Il revient à nos jeunes de la préparer par une campagne de propagande. Le matin même, à Saint-Augustin, ils s’étaient aperçus en distribuant des tracts à quel point l’apparition du 10 décembre 1925 et les demandes de l’Enfant-Jésus et de sa Mère sont ignorées, même parmi les fidèles qui connaissent Fatima. Mais en considération de leurs efforts, Notre-Dame se hâtera de nous secourir !
Frère Guy de la Miséricorde.