Il est ressuscité !

N° 273 – Janvier 2026

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


Les secrets de La Salette et de Fatima

Sermon prononcé le 22 août 2025 par frère Michel de l’Immaculée Triomphante et du Divin Cœur.

Cher frère Bruno,
Chers amis,

En 1846, Notre-Dame apparaît en larmes à deux bergers, Maximin et Mélanie, et leur délivre un message de conversion : « Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si lourd et si pesant que je ne puis plus le retenir. Depuis le temps que je souffre pour vous ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de le prier sans cesse pour vous ; et vous autres, vous n’en faites pas cas ! »

Dès octobre 1846, Mgr de Bruillard envoie son meilleur théologien, le Père Rousselot, pour s’informer des faits. En novembre 1847, il réunit une commission d’enquête qui publie un rapport établissant la vérité des faits. En août 1848, ce rapport est envoyé à Rome auquel Pie IX répond par des encouragements en septembre. Pour les plus hautes autorités ecclésiastiques, la Sainte Vierge était donc véritablement apparue sur la montagne.

Mais Mgr de Bruillard ne signa pas tout de suite le décret de reconnaissance officielle. Il ne put pas le faire immédiatement, parce que de mauvais catholiques, des gallicans, ne voulaient pas de cette Apparition. Le cardinal de Bonald, archevêque de Lyon, ne croyant même pas à la réalité de l’Apparition, faisait partie de ces opposants. Or, le diable portant pierre, son incroyance même fut à l’origine de la communication des secrets au Pape, confiés par Notre-Dame à Mélanie et à Maximin.

En effet, pour empêcher la reconnaissance de l’Apparition, le cardinal pensa à une manœuvre habile : il suffirait, selon lui, d’obtenir du Pape un ordre obligeant Mgr de Bruillard à demander aux voyants leurs secrets. Si l’évêque ne parvenait pas à les obtenir, on pourrait dire que les voyants étaient des désobéissants et des menteurs. Si ces secrets étaient révélés, on verrait alors à leur lecture qu’ils n’étaient que des trivialités d’enfants. Dans tous les cas, l’Apparition serait décrédibilisée et tomberait d’elle-même.

Lors d’une visite que Mgr de Bonald fit à Rome, le Pape admit sans insister que si les secrets lui parvenaient, il les lirait avec grand intérêt. Sans tarder, l’archevêque de Lyon rapporta les propos du Souverain Pontife à l’évêque de Grenoble, mais en les forçant, lui déclarant tout bonnement que le Pape voulait en prendre connaissance. Étant l’archevêque métropolitain de Mgr de Bruillard, il escomptait bien en plus sur le fait que ces secrets allaient passer entre ses mains et qu’il pourrait exercer sur eux son contrôle.

Or, une des conditions que spécifia Mélanie pour accepter de rédiger son secret fut qu’il ne soit pas lu par Mgr de Bonald, mais uniquement par Mgr de Bruillard et par le Pape. L’archevêque de Lyon fut feinté. Néanmoins, il était clair pour tous, partisans et opposants, que la reconnaissance de l’Apparition se jouerait sur la crédibilité des secrets. Le chanoine Rousselot qui porta les secrets à Rome présenta ainsi l’enjeu du voyage : « Le secret dont nous étions porteurs, devait être la vie ou la mort de La Salette : sa vie si le secret n’est pas indigne de Celle qui l’a confié ; sa mort, si ce secret était nul ou ridicule, ou contraire aux enseignements de la foi. »

Finalement, trois personnes lurent ces secrets : Mgr de Bruillard, évêque de Grenoble, le cardinal Lambruschini, préfet de la Congrégation des rites habilitée pour examiner ce genre d’affaires, et le bienheureux Pie IX. Après lecture, Mgr de Bruillard pleura et Pie IX devint rouge d’émotion. Après examen, aucun de ces hommes, absolument intègres et saints par ailleurs, ne remit en cause le sérieux de ces secrets et ne les trouva indignes de la Sainte Vierge. Selon nous, c’est un argument majeur en faveur de la véracité et de l’aspect surnaturel des secrets. Et c’est après avoir lu ces secrets que le décret d’authenticité de l’Apparition fut publié le 19 septembre 1851. À partir de cette date, ces secrets ne furent jamais révélés aux fidèles. Certes, Maximin, et Mélanie surtout, rédigèrent ultérieurement plusieurs fois des secrets, mais dans des versions toujours plus étranges, les dernières de Mélanie étant même condamnées par l’Église.

En 1996, au terme d’une minutieuse enquête dévoilant tout ce qu’on pouvait alors savoir de ces secrets, notre Père avait appelé de ses vœux la divulgation par le Saint-Siège de la première rédaction, celle de 1851, qu’il tenait pour la seule authentique, parce qu’à cette date, rien ne permettait encore de remettre en cause le témoignage de Mélanie. Notre Père pensait également que la publication de ces secrets, avec celui de Fatima, serait comme un « coup de canon » qui réveillerait les cœurs de la molle apostasie et ouvrirait les temps nouveaux du Règne de l’Immaculée.

Or, les secrets de La Salette furent découverts en 1999 presque en même temps que la publication de celui de Fatima, en 2000. Il me semble que ce n’est pas un hasard et que cela nous engage à les analyser ensemble, à les mettre l’un et l’autre en rapport.

On constate que les deux secrets, celui de Maximin et celui de Mélanie, sont concordants. Toutes les parties de chacun de ces secrets parlent des mêmes événements, mais chacun avec des mots, des expressions, des développements différents. Le secret de Mélanie est le plus important et le plus brutal. Il est aussi plus chronologique, plus précis et plus développé. On peut le prendre comme trame et y ajouter les différents détails qu’ajoute le secret de Maximin. Résumons-les :

1. Dieu va se venger contre son peuple ingrat.

2. La France a corrompu l’univers, elle sera punie pour tous ses crimes, elle perdra la foi.

3. De grands troubles arriveront dans l’Église, et le monde s’abandonnera à ses passions impies. La famine régnera.

4. Le Pape sera persécuté, on lui tirera dessus, mais on ne pourra rien contre lui. Les chrétiens aussi seront persécutés et certains mourront martyrs.

5. Les nations se convertiront, un grand roi montera sur le trône, viendra un pontife que personne n’attendra. Une grande contrée du nord de l’Europe se convertira du protestantisme et convertira toutes les autres contrées du monde. La religion refleurira partout. Une grande paix arrivera.

6. Mais cette paix ne durera pas longtemps. Le monde abandonnera Dieu. Des hommes d’Église et des épouses de Jésus-Christ se livreront au désordre. Un enfer régnera sur la terre qui s’abandonnera au culte de l’antéchrist.

Il est donc question de la France, de drames qui affligeront le monde, de troubles qui arriveront dans l’Église et de la venue d’un monstre, l’antéchrist.

Quels sont les rapprochements que l’on peut faire avec le message de Notre-Dame à Fatima ?

1. On trouve d’abord la même annonce de la perte de la foi. À La Salette, Notre-Dame dit que la France perdra la foi : « La foi s’éteindra dans la France. » À Fatima, elle dit qu’ « au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi», sous-entendu : dans le reste du monde, les nations la perdront. Ce rapprochement fait ressortir une vérité essentielle et une explication de l’histoire contemporaine. La Sainte Vierge dit à La Salette que si la France perd la foi, c’est pour la punir d’avoir corrompu l’univers. Or par quoi la France a-t-elle corrompu l’univers ? Par les idées des Lumières, par les erreurs de la Révolution française répandues dans le monde entier, par ses droits de l’homme et par son culte qu’elle lui rend, par son libéralisme et par son laïcisme. N’ayant pas répondu aux demandes du Sacré-Cœur, n’ayant pas mis sa puissance et toute sa civilisation au service du Divin Cœur, la France a été livrée à Satan qui en a fait son instrument de domination sur les nations et sur les âmes.

Il est impressionnant de lire que dans le secret de La Salette Paris est désignée comme la Babylone moderne, à l’égal de la Rome d’autrefois, dénoncée dans le chapitre 18 de l’Apocalypse comme la Grande Babylone. Dans ce chapitre, un ange annonce ainsi la chute de Rome : « Elle est tombée, elle est tombée Babylone la Grande ; elle s’est changée en demeure de démons, en repaire pour toutes sortes d’esprits impurs, en repaire pour toutes sortes d’oiseaux impurs et dégoûtants. » C’est pourquoi les trafiquants, les capitaines et les matelots se lamentent, car ils ne pourront plus déverser sur elle leurs richesses : « Ils pleurent et se désolent sur elle, les trafiquants de la terre ; les cargaisons de leurs navires, nul désormais ne les achète ! (...) Et jetant la poussière sur leur tête, ils s’écriaient, pleurant et gémissant :  Hélas, hélas ! Immense cité, dont la vie luxueuse enrichissait tous les patrons des navires de mer, car une heure a suffi pour consommer sa ruine ! ” »

Dans le secret de La Salette, la même idée se dégage lorsque la Sainte Vierge annonce : « Paris, cette ville souillée de toutes sortes de crimes, périra infailliblement. Marseille sera détruite en peu de temps. »

Et au Portugal, se conservera le dogme de la foi. Comme disait notre Père, tous ceux qui se consacreront au Cœur Immaculé de Marie, les individus, mais aussi les familles, les institutions, les congrégations, les nations, tous ceux qui le feront d’un cœur sincère, ardent, persévérant, dans le désir de réparer les outrages faits au Cœur Immaculé vivront. Depuis plus de deux siècles, la lutte contre la Sainte Vierge et le démon est plus concrètement celle de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie contre le culte de la raison, de la démocratie et de l’homme. Voilà toute notre histoire contemporaine expliquée !

2. Un autre rapprochement qu’on peut faire est que le Saint-Père souffrira et que « de grands troubles arriveront dans l’Église». À La Salette, il est dit que le Pape sera persécuté, persécuté de toutes parts, dit Mélanie, on lui tirera dessus, mais « on ne lui pourra rien», « le Vicaire de Dieu triomphera encore cette fois ». Son identité n’est pas un mystère, il s’agit du Pape, du Vicaire de Dieu, il triomphera et un successeur viendra encore après lui, qu’on n’attendait pas et qui instaurera un temps de paix.

À Fatima, les enfants ont « le pressentiment que c’est le Saint-Père », ils le voient traverser « une grande ville à moitié en ruine et, à moitié tremblant, d’un pas vacillant, affligé de douleur et de peine, il priait pour les âmes des cadavres qu’il trouvait sur son chemin ; parvenu au sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la grande Croix, il fut tué par un groupe de soldats qui lui tirèrent plusieurs coups et des flèches. » Quelle chute ! Quel drame ! Quelle affliction ! Le Saint-Père n’est plus à la barre, il est tremblant, vacillant, l’institution est à moitié en ruine. On ne parle plus de troubles, mais de ruines. La vision de Fatima nous montre une Église dont les ministres ne vivifient plus les âmes, puisque le Saint-Père ne trouve plus que des cadavres sur son chemin. C’est la description d’une Église à bout de souffle, mourante, et dont le seul recours reste celui d’offrir sa vie pour la régénération des âmes. Et à la fin, ultime déréliction ! le pape est tué, sans qu’il soit précisément question d’un successeur pour le remplacer.

3. Une autre comparaison à faire est que dans les deux secrets, ce n’est pas seulement le Pape qui est persécuté, mais toute l’Église, qu’il y aura des martyrs et que cela est exigé par la justice divine.

Maximin parle seulement de « grands troubles dans l’Église », sans préciser davantage. Mélanie est bien plus explicite : « Les prêtres et les religieuses, et les vrais serviteurs de mon Fils seront persécutés, et plusieurs mourront pour la foi de Jésus-Christ. » Mélanie utilise le mot « plusieurs ». Il s’agit d’un nombre limité de martyrs. Quelques martyrs suffiront pour apaiser la justice de Dieu. Et puis c’est net ! Il est bien précisé que ce sont des serviteurs de « mon Fils » qui meurent « pour la foi ».

Dans le récit de Fatima, la situation est bien plus tragique : « De la même manière [que le Saint-Père], moururent les uns après les autres les évêques, prêtres, religieux et religieuses, et divers laïcs, des messieurs et des dames de rangs et de conditions différentes. » Il semble que toute l’Église paye et passe par le martyre. Depuis le Pape jusqu’aux fidèles, pas une seule catégorie n’est épargnée. Quel crime, quelles infidélités sont la cause d’un tel tribut, d’une telle exigence divine ?! Après cela, sœur Lucie ajoute que des anges « recueillaient le sang des Martyrs, et avec lequel ils arrosaient les âmes qui s’approchaient de Dieu ». Il s’agit donc bien de martyrs, mais dont la nécessité est encore davantage soulignée par cette vision impressionnante des anges qui versent tout le sang sur les âmes appelées à se convertir.

4. Autre parallèle : dans les deux secrets, la conversion du monde passe par la conversion d’une nation. À La Salette, Notre-Dame annonce la conversion d’une contrée protestante du nord qui provoquera la conversion des autres contrées du monde. Il s’agit très probablement de l’Angleterre. Saint Dominique Savio avait prophétisé en 1856 « un grand triomphe du catholicisme dans ce royaume» et avait demandé à Don Bosco de le dire à Pie IX. En 1870, Don Bosco, dans un songe très impressionnant comparable au secret de La Salette, avait également annoncé en janvier 1870 l’arrivée d’un guerrier du nord qui serait l’instrument de la colère de Dieu et qui finirait par se convertir au contact du « Vénérable Vieillard du Latium».

À Fatima, Notre-Dame a demandé que l’on consacre la Russie et que l’on ait la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, et alors cette nation se convertirait.

Il semble que la logique du Bon Dieu est plus compréhensible. L’Angleterre au dix-neuvième siècle, la Russie au vingtième siècle sont en leurs temps les deux plus grandes puissances les plus ennemies de Dieu. Rien n’étant impossible à Dieu, la Sainte Vierge prévoit de les retourner et de s’en servir comme instrument pour le salut du monde, comme Saul devenant saint Paul.

5. Dernier point. Maximin ne dit pas grand-chose sur l’antéchrist, mais tout de même, il dit que la paix « ne durera pas longtemps un pontif monstre viendra la troubler». Il a d’abord écrit le mot pontife, puis l’a biffé, pour écrire monstre. On lit cela dans l’exemplaire original. Est-ce un lapsus ? Mélanie semble aussi aller dans ce sens: « Les ministres de Dieu, et les Épouses de Jésus-Christ, il y en a qui se livreront au désordre, et c’est ce qu’il y aura de terrible, enfin un enfer régnera sur la terre ; ce sera alors que l’antéchrist naîtra d’une religieuse, mais malheur à elle ; beaucoup de personnes croiront à lui parce qu’il se dira le venu du ciel, malheur pour ceux qui le croiront. »

Mais qu’est-ce que l’antéchrist ?

C’est un homme, un suppôt de Satan, expliquait l’abbé de Nantes, qui singera le Christ avant que Jésus ne revienne sur terre à la fin des temps. Cet antéchrist fera l’unité des nations, mais ne pourra le faire qu’en étant un autre Jésus-Christ, car seule une religion, et non une simple volonté politique, peut faire l’unité de toute la terre.

Cette naissance de l’antéchrist d’une religieuse est-elle à prendre au sens propre ? Ce serait alors le comble du sacrilège. L’antéchrist naîtrait d’un sacrilège, au sein de l’Église, comme l’ont été en leurs temps ces deux figures de l’antéchrist que furent Luther, moine augustin, et Lamennais, prêtre apostat.

Au sens figuré, cette précision renvoie à une réalité tout aussi horrible. Elle signifie que toute la personne et la pensée de l’antéchrist seront de blasphémer contre le Messie et contre la Vierge Marie. De la même manière que le Verbe s’est incarné dans le sein d’une Vierge pure et immaculée, l’antéchrist singera le Christ en naissant d’une femme qui a fait le vœu d’être vierge et en disant qu’il vient du Ciel. On peut avancer aussi que l’antéchrist singera le Christ en voulant naître dans l’Église, la vierge pure par excellence comme la nomme saint Paul. Le mensonge sera tellement fin et trompeur que « beaucoup de personnes croiront à lui ».

Y sommes-nous ? Oui, certainement, et trois témoins nous l’affirment.

L’abbé de Nantes le disait tout au long de son analyse sur le Mystère de l’Église et l’Antéchrist : les progressistes sont l’antéchrist. Plus tard, il dénonça Paul VI et Jean-Paul II comme étant des parangons de cette nouvelle hérésie. « La vision de Paul VI, écrivait notre Père en 1967, attise les flammes de cet incendie qui dévore notre planète. C’est Lamennais, le visionnaire, sur le trône de Saint-Pierre. »

Sœur Lucie de Fatima le disait aussi au Père Fuentes : « Le démon est en train de livrer une bataille décisive avec la Vierge, et comme il sait ce qui offense le plus Dieu et qui, en peu de temps, lui fera gagner le plus grand nombre d’âmes, il fait tout pour gagner les âmes consacrées à Dieu, car de cette manière il laisse le champ des âmes désemparé, et ainsi il s’en emparera plus facilement. » C’est exactement ce que le secret de La Salette nous révèle.

Frère Bruno avait cité dans un sermon de 2007 un autre témoin. Il s’agissait du cardinal Diaz qui avait prononcé un sermon remarquable à Lourdes pour le 150e anniversaire des apparitions.

« On peut se demander : Quelle signification peut avoir le message de Notre-Dame de Lourdes pour nous aujourd’hui ?

« J’aime situer ces apparitions dans le plus large contexte de la lutte permanente et féroce existant entre les forces du bien et du mal dès le commencement de l’histoire de l’humanité dans le Jardin du Paradis, et qui continuera jusqu’à la fin des temps. Les apparitions de Lourdes sont, en effet, parmi les premières de la longue chaîne des apparitions de Notre-Dame qui a commencé vingt-huit ans auparavant, en 1830, à la Rue du Bac, à Paris, annonçant l’entrée décisive de la Vierge Marie au cœur des hostilités entre elle et le diable, comme il est décrit dans la Bible, dans les livres de la Genèse et de l’Apocalypse (...).

« Après les apparitions de Lourdes, la Sainte Vierge n’a pas cessé de manifester ses vives préoccupations maternelles pour le sort de l’humanité en ses diverses apparitions dans le monde entier. Partout, elle a demandé prière et pénitence pour la conversion des pécheurs, car elle prévoyait la ruine spirituelle de certains pays, les souffrances que le Saint-Père aurait à subir, l’affaiblissement général de la foi chrétienne, les difficultés de l’Église, la montée de l’antéchrist et ses tentatives pour remplacer Dieu dans la vie des hommes : tentatives qui, malgré leurs succès éclatants, seraient toutefois vouées à l’échec.

« Ici, à Lourdes, comme partout dans le monde, la Vierge Marie est en train de tisser un immense réseau de ses fils et filles spirituels dans le monde entier pour lancer une forte offensive contre les forces du malin, pour l’enfermer et préparer ainsi la victoire finale de son fils divin, Jésus-Christ.

« La Vierge Marie nous invite encore une fois aujourd’hui à faire partie de sa légion de combat contre les forces du mal. Comme signe de notre participation à son offensive, elle demande, entre autres, la conversion du cœur, une grande dévotion à la Sainte Eucharistie, la récitation quotidienne du chapelet, la prière sans cesse et sans hypocrisie, l’acceptation des souffrances pour le salut du monde. Cela pourrait sembler être des petites choses, mais elles sont puissantes dans les mains de Dieu auquel rien n’est impossible. »

Voilà ce que Notre-Dame nous annonçait à La Salette et à Fatima et que nous voyons se réaliser aujourd’hui.

Terminons enfin par deux pensées de notre Père sur La Salette, alors qu’il ne connaissait pas la teneur réelle des secrets.

« Plus on étudie les apparitions de la Très Sainte Vierge au dix-neuvième siècle, plus l’une prend du relief sans écraser les autres. Ce sont comme des sommets, des mystères lumineux et ces sommets nous paraissent de plus en plus grands au fur et à mesure qu’on les approche, mais jamais en se nuisant l’un à l’autre. C’est pourquoi cette dévotion à Notre-Dame de Lourdes n’est pas effacée par la dévotion au Cœur Immaculé de Marie et à Notre-Dame de Fatima. Au contraire, elles se prêtent un appui. Comme la dévotion à Notre-Dame de La Salette, loin de diminuer devant la dévotion de Lourdes, s’accroît encore. Tout cela est à la gloire de l’Immaculée Conception, à La Salette, d’une manière très marquée du péché originel et de ses suites pour nous tous, de l’exemption du péché originel pour la Vierge Marie à la rue du Bac. » (Logia, 11 février 1997)

« La merveille est en ceci, que le secret de Fatima concorde avec les deux secrets de La Salette, et que cette révélation sera bientôt le coup de canon qui réveillera les cœurs et ouvrira les temps nouveaux de  Marie, Médiatrice seconde de l’humanité rachetée ”, passée première pour faire don de son beau Royaume à son Seigneur et Fils, Jésus-Christ, à l’honneur de leur très unique Sacré-Cœur, fontaine de miséricorde et d’amour pour toute créature. » (Lettre à la Phalange n° 59, 21-22 septembre 1996)

Puissions-nous être au service de l’Immaculée, pour le triomphe de son Fils et de l’Église ! Ce sera notre gloire, notre honneur, notre grâce inestimable, pourvu que nous soyons fidèles et que nous soyons prêts à mourir jusqu’au sang. Ainsi soit-il.

Frère Michel de l’Immaculée Triomphante et du Divin Cœur.