Dimanche 22 mars 2026
Le Christ, maître de tout
L’Église, en ce cinquième dimanche de Carême nous donne à méditer l’Évangile de la résurrection de Lazare qui préfigure celle de Notre-Seigneur le jour de Pâques. Cette résurrection de Lazare va mettre tout Jérusalem en émoi. Les uns pour préparer au Christ son modeste triomphe du jour des Rameaux, et les autres, les pharisiens et les sadducéens, les scribes et les grands-prêtres pour décider son assassinat.
Nous sommes au mois de février de l’an 30. Marthe et Marie, de Béthanie, font dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade ». Il s’agit de leur frère Lazare. Jésus leur fait répondre : « Cette maladie ne mène pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu : afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle. » Marthe et Marie pouvaient donc attendre une guérison miraculeuse ; pourtant, Notre-Seigneur ne se met pas en route pour aller auprès de son ami. Alors que saint Jean précise bien que « Jésus aimait Marthe et sa sœur et Lazare ».
Deux jours plus tard, enfin, il dit à ses disciples : « “ Allons de nouveau en Judée. ” 8 Ses disciples lui dirent : “ Rabbi, tout récemment les Juifs cherchaient à te lapider, et tu retournes là-bas ! ” » Hommes de peu de foi ! Jésus leur répond en parabole : ils devraient le suivre, Lui, la Lumière du monde, avant que ne vienne la nuit... « 11 Il dit cela, et ensuite : “ Notre ami Lazare repose, leur dit-il ; mais je vais aller le réveiller. ” 12 Les disciples lui dirent : “ Seigneur, s’il repose, il sera sauvé. ” »
S’il arrive à dormir, pensent les disciples, c’est qu’il ne va pas trop mal, ce n’est donc pas la peine d’aller risquer notre peau en Judée ! Mais le sommeil dont parle Jésus est tout autre : « 14 Il leur dit ouvertement : “ Lazare est mort, 15 et je me réjouis pour vous de n’avoir pas été là-bas, afin que vous croyiez. Mais allons auprès de lui. ” 16 Alors Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples : “ Allons, nous aussi, pour mourir avec lui ! ” »
Jésus dirige tout. L’incrédulité, ou le désespoir de tous ses amis met encore davantage en lumière sa souveraine puissance sur la vie et la mort.
« 17 À son arrivée, Jésus trouva Lazare dans le tombeau depuis quatre jours déjà. 18 Béthanie était près de Jérusalem, distant d’environ quinze stades, 19 et beaucoup d’entre les Juifs étaient venus auprès de Marthe et de Marie pour les consoler au sujet de leur frère. 20 Quand Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. » Accablée par le désespoir, ou l’incompréhension ? Jésus leur avait fait dire que la maladie de son frère n’irait pas à la mort... Pourquoi ne l’a-t-il pas sauvé ?
« 21 Marthe dit à Jésus : “ Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. 22 Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. ” 23 Jésus lui dit : “ Ton frère ressuscitera. ” 24 “ Je sais, dit Marthe, qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. ” 25 Jésus lui dit : “ Je suis la Résurrection. Qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; 26 et quiconque vit en moi et croit en moi ne mourra jamais. Le crois-tu ? ” 27 Elle lui dit : “ Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde. ”
« 28 Ayant dit cela, elle s’en alla appeler sa sœur Marie, lui disant en secret : “ Le Maître est là et il t’appelle. ” 29 Celle-ci, à cette nouvelle, se leva bien vite et alla vers lui [...]. 32 Arrivée là où était Jésus, Marie, en le voyant, tomba à ses pieds et lui dit : “ Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort ! ” »
Elle parle comme sa sœur, mais ce sont ses larmes à elle, Marie-Madeleine, qui touchent le Cœur de Jésus : « La voyant pleurer, et pleurer aussi les Juifs qui l’avaient accompagnée, Jésus frémit en son esprit et se troubla. 34 Il dit : “ Où l’avez-vous mis ? ” Ils lui dirent : “ Seigneur, viens et vois. ” 35 Jésus pleura. 36 Les Juifs dirent alors : “ Voyez comme il l’aimait ! ” 37 Mais quelques-uns d’entre eux dirent : “ Ne pouvait-il pas, lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, faire aussi que celui-ci ne mourût pas ? ” – Encore et toujours incrédules ! – 38 Alors Jésus, frémissant à nouveau en lui-même, se rend au tombeau. C’était une grotte, avec une pierre placée par-dessus. 39 Jésus dit : “ Enlevez la pierre ! ” Marthe, la sœur du mort, lui dit : “ Seigneur, il sent déjà : c’est le quatrième jour. ” 40 Jésus lui dit : “ Ne t’ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? ” 41 On enleva donc la pierre. Jésus leva les yeux en haut et dit : “ Père, je te rends grâces de m’avoir écouté. 42 Je savais que tu m’écoutes toujours ; mais c’est à cause de la foule qui m’entoure que j’ai parlé, afin qu’ils croient que tu m’as envoyé. ” 43 Cela dit, il s’écria d’une voix forte : “ Lazare, viens dehors ! ” 44 Le mort sortit, attaché aux pieds et aux mains par des sangles, et apparut enveloppé par un suaire. Jésus leur dit : “ Déliez-le et laissez-le aller. ” »
Miracle prodigieux, devant témoins, à moins de trois kilomètres de Jérusalem ! En rendant son ami à la vie terrestre, Jésus figure le don de sa Vie divine qu’il veut infuser à tous les hommes qui meurent du péché. Pour lui, la mort corporelle n’est qu’un repos, dont il réveillera toutes les âmes au Jugement dernier, afin de les introduire ou bien dans la Vie éternelle, ou bien dans l’abîme de la mort éternelle.
Frère Joseph-Sarto du Christ Roi
Extrait de Il est ressuscité ! n° 254, avril 2024