Point 17. Contre le protestantisme

1. Le “libre examen” n’est pas une hérésie particulière, mais le principe et la justification fallacieuse de toutes les hérésies possibles, parce qu’il substitue à l’enseignement de la révélation divine par l’Église une foi individuelle qu’il transfigure en intuition surnaturelle, en illumination personnelle, et qu’il ravale en fait au niveau le plus commun des opinions et des inventions capricieuses des hommes.

Le phalangiste, parce qu’il se sait et se veut disciple du Christ et de l’Immaculée par la grâce de l’Esprit-Saint dans l’Église, abomine le libre examen et sa prétendue garantie divine, l’illuminisme individuel, qui caractérisent la religion prétendue réformée qui se dit chrétienne et n’est que luthérienne ou calviniste, ou zwinglienne, n’étant que le reflet de l’esprit de ses fondateurs.

2. Rien ne peut davantage contrister l’Esprit-Saint qu’une telle prétention de tout individu à recevoir ses lumières, commandements et inspirations hors de toute soumission à la très Sainte Vierge et à l’Église hiérarchique et sans considération pour les traditions apostoliques, faisant de l’Esprit-Saint un principe de division, de rupture, d’émiettement, organisateur de variations et de contradictions insurmontables et indéfinies !

Tout protestantisme, pentecôtisme, illuminisme, qui prétend détenir l’Esprit tout en rejetant Marie est absolument abhorré par la Phalange comme le « péché contre l’Esprit » dont on ne revient pas, parce que « Jésus-Christ est un très bon Fils et qu’il ne permet pas que nous offensions et méprisions sa Très Sainte Mère », comme disait sœur Lucie, la voyante de Fatima. Et c’est pourquoi la Phalange se méfie de toute poussée “ charismatique ” dans l’Église aujourd’hui, d’une dévotion mariale apparente certes, en réalité tout affectée, ultime ruse du démon suscitant une « désorientation diabolique ». Car la piété peut même être florissante partout où elle ne gêne en rien la douceur du mal...

3. Le phalangiste combat le protestantisme et dénonce dans sa prétendue Réforme le principe corrupteur de la religion chrétienne, blasphémateur de la Vierge Immaculée, destructeur de l’Église et de toute communauté humaine civilisée, qui livre les chrétiens aux Léviathans modernes, aux empires fondés sur l’orgueil de la pensée, le pouvoir de l’argent, les passions de la chair.

Car cette “ Église ” prétendument spirituelle transfigure idéalement l’Église en réalité sublime, totalement sainte et spirituelle, libre et charismatique, prodige perpétuel, œuvre du seul Esprit-Saint, mais elle la ravale en fait au niveau des associations et collectivités purement humaines, qui ne subsistent que par l’intérêt, les rivalités de sectes, la contrainte d’un pouvoir jaloux et despotique, ou simplement l’inertie sans âme d’une habitude sociale ou d’un fonction­nariat religieux.